Historique

Issue de la Résistance de 1945, la Jeunesse Arménienne de France est une association loi 1901 qui a pour but le développement culturel et artistique des jeunes Français d’origine arménienne. Sensible aux valeurs de citoyenneté et d’intégration, la JAF a permis, grâce à son sens de la création et de l’innovation, à des générations entières de découvrir leur patrimoine culturel d’origine et ainsi de perpétuer leur identité. Qu’il s’agisse d’art, de culture ou d’aide à l’Arménie, la JAF s’est hissée par l’ensemble de son action au rang des associations les plus actives de la communauté arménienne de France.

En ce jour symbolique du 14 juillet 1945, une poignée de jeunes Français d’origine arménienne, fils et filles d’exilés, fonde une association qui permettra à des générations entières de découvrir leur patrimoine culturel originel, de prendre conscience de leur identité, et d’appréhender la vie associative dans l’esprit de responsabilité et de devoir face à leurs origines, mais aussi face à leur statut de citoyen français.

Mariage de l’UJPA (Union de la jeunesse patriotique arménienne) et de l’UGJA (Union générale de la jeunesse arménienne), la JAF compte en ses rangs des héros de la Résistance. Missak Manouchian, Alexandre Konstantinian, Nechan DerMardirossian seront les véritables inspirateurs de ce mouvement, basé sur des réflexions et des convictions inébranlables.

La JAF aux Allées Léon Gambetta

D’arrières-salles de café enfumées en mairies de secteur, en passant par la location d’un local vite exigü sur le cours Honoré d’Estienne d’Orves, ils ont été nombreux, les obstacles qu’il a fallu surmonter un à un pour arriver à avoir le premier pied-à-terre de la JAF. Conscients du frein que représentait l’absence d’un véritable Centre culturel digne de ce nom, les Jafistes de cette époque se sont structurés aux côtés du Comité régional en un comité d’achat avec pour unique perspective l’acquisition d’un site et son aménagement. Le 65 allées Léon Gambetta a été le résultat de plus de 5 années de travail acharné, de 1973 à 1978, qui ont permis d’unir davantage le groupe.

Ce lieu marque véritablement le début d’une nouvelle ère dans la vie de l’association. Il y a eu un avant et un après cette inoubliable adresse.

Les moyens de financement d’antan n’étaient pas ceux d’aujourd’hui. En effet, mis à part une modeste subvention des collectivités et un don de la fondation Gulbenkian, l’essentiel des sommes nécessaires fut récolté grâce à une multitude d’initiatives. Ces jeunes d’il y a plus de 30 ans sont allés jusqu’à faire du porte-à-porte les dimanches. Heureux furent les jours où de véritables mécènes ont tenu à les encourager dans leur ambitieuse entreprise et blessantes furent les fois où les portes claquaient. Mais ils n’ont pas baissé les bras, et n’ont pas non plus reculé devant les petits emprunts obtenus à force de persévérance et de persuasion. Dès lors, une page fut tournée. L’ardeur à la tâche communautaire ne fut que grandissante et la volonté de faire de la JAF un acteur incontournable dans la vie associative marseillaise une réalité.

La JAF et le génocide arménien

Sur la question du génocide des Arméniens, la JAF n’a cessé de multiplier les actions innovantes et revendicatives afin d’obtenir justice et réparation. Premier du siècle dernier, le génocide des Arméniens a servi de sombre «référence» à Hitler pour la Shoah. Si l’on rajoute le génocide au Cambodge et celui des Tutsis au Rwanda, ce sont au total 11 millions d’hommes, de femmes et d’enfants qui ont été exterminés au cours de ce siècle d’horreur, victimes de la barbarie humaine.

En initiant en 2001 le projet Amnésie Internationale, la JAF a choisi de placer son combat sous le signe de la fraternité en s’associant aux autres peuples victimes de génocide et plus largement à toutes les personnes éprises de justice et de liberté. Confortée par le succès des précédentes éditions, qui ont attiré près de 20.000 personnes au Dock des Suds, l’association a voulu faire de cet événement un rendez-vous régulier, dans un esprit de dialogue et de paix, pour favoriser l’éveil des consciences.